Adrien Gourmand et lntolérant

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Mon Histoire

Mon Histoire... jusqu'à Adrien ! 

On ne m’attendait plus et voilà que je pointe le bout de mon nez en février 1980, la veille de la St Valentin. J’aurais dû être la petite dernière, la 3ème par accident, me voilà fille unique et Nicole et François, parents à 37 et 38 ans. Maman littéraire, professeur de français qui a tout arrêté pour suivre mon papa, pharmacien. Ils ont leur officine à Conches, gros bourg à côté d’Evreux où j’ai passé toute mon enfance et adolescence.

Mes repères, mes grands parents maternels et le noyau dur d’amis de mes parents. J’ai toujours évolué avec les adultes, mes parents m’emmenant partout avec eux. A mon grand plaisir, j’ai grandi au milieu d’épicuriens et hédonistes, fins gourmets et gourmands, aimant cuisiner et savourer du bon vin. J’ai donc été très vite initiée !

Nous avions la chance d’avoir une cave digne des contes moyenâgeux. D’anciens souterrains qui communiquaient avec le donjon de Conches où il fallait aller avec la lampe torche chercher les bouteilles rangées méticuleusement dans les alcôves. Que de souvenirs, entre excitation, peur et émerveillement dans mes yeux d’enfant.

J’ai également pu découvrir grâce à mes parents et grands parents, d’excellentes tables où il ne fallait surtout pas me parler de menu enfant ! Je partais à la découverte de la carte avec délectation, les sens en éveil et en pleine imagination des assiettes. Puis avec l’âge, la carte des vins. J’ai d’ailleurs débuté sérieusement ma cave à mes 20 ans et ce lieu stratégique est devenu un critère fondamental lors de mes différents déménagements.

Mon enfance est bercée par mes grands parents maternels. Unique petite fille, une relation plus que fusionnelle. Tous les 15 jours, lors des week-ends de garde des parents, ils étaient là pour s’occuper de moi. Et pour moi, ça voulait dire cuisine avec ma mamie et pêche, balades en forêt avec mon papy. 

C’est par ma mamie que j’ai pris goût à cuisiner. Sa fameuse tarte tatin, un régal ! C’est ma petite madeleine de Proust. Et elle me préparait toujours une boule de pâte supplémentaire pour que je puisse m’amuser avec mes emportes pièces afin de concocter des gâteaux apéro pour le dimanche midi, sans oublier le chausson aux pommes pour le goûter.

Je passais également tous les étés chez eux à Orléans, au chalet avec ce jardin rempli de fruitiers. A peine j’arrivais, je fonçais dans les fraisiers, framboisiers, groseilliers, cerisiers… La pitchoune devenait le merle. Je passais beaucoup de temps avec mon grand père avec les activités dans le jardin, les balades à vélo, les baignades dans la Loire, les parties de pêche, les virées avec sa barque sur le Loiret où je découvrais la faune et la flore et aussi l’accompagner à la fédération de pêche du Loiret dont il était le président. Il a beaucoup acté dans la protection des milieux aquatiques, fait de nombreuses émissions de radio et télé, rencontré différents ministres et députés… ça me procurait beaucoup de fierté et d’admiration tout en m’imprégnant de valeurs et convictions qui se ressentiront plus tard dans mon cursus.

D'ailleurs, qu'en est-il ? Je suis de formation Ingénieure Ecologue. Parcours en biologie marine suivi d'une orientation en agri-environnement à Caen. Et il n'y a pas de hasard dans la vie... J'ai donc encore été à bonne école ! Spéciale dédicace pour toi Alain (#monmaîtredestage). 

En mai 2007, ma vie prend un nouvel horizon, direction Poitiers. Je vous résume, 5 ans en bureau d'études puis passage à la Région, suivi par l'Observatoire Régionale de l'Environnement et enfin chez Binom' Architecture.

Depuis quelques années, je suis sujette à des problèmes de santé récurrents... de plus en plus présents...

2015, mon corps me lâche, c’est la descente aux enfers et le début d’une année où j’ai l’impression d’être un cobaye. Examens de la tête aux pieds, analyses, médecins divers et variés, interrogations, incompréhensions et toujours pas de réponse à mes maux. Cerise sur le gâteau, on m’annonce que j’ai des intolérances alimentaires : gluten, lactose, œufs, miel, levures. La gourmande et gourmet que je suis se décompose. Le fromage et moi, c’est une véritable histoire d’amour et les œufs à la coque, n’en parlons même pas. Me voilà face à mes placards et mon frigo, décontenancée, perdue, triste… Il faut tout virer. Par quoi remplacer !? Comment cuisiner ? Et sortir au restaurant, chez les amis ? Impossible ! En plus de la spirale médicale, ma vie sociale se voit réduite comme peau de chagrin. Le moral en prend un coup. Heureusement, je ne suis pas d’un tempérament à m’apitoyer sur mon sort. J’ai le goût de cuisiner et je compte bien me faire plaisir malgré mes intolérances. Je décide de retourner malgré tout au restaurant et de voir ainsi leur adaptabilité. Grâce à mon amie Natacha, restaurant la Bergerie à Nieul l’Espoir, je suis chouchoutée. Elle prend ça à cœur et se challenge pour que je puisse toujours autant me régaler. Et c’est le cas ! Comme quoi « Intolérants, Différents mais Gourmands » ! A la maison, je cuisine, je teste, je découvre de nouveaux produits, des saveurs. Des flops, des reprises et des réussites. Sans le savoir, des petites graines sont semées…

Janvier 2016, je rencontre le Pr Bienvenu au CHU de Caen. J’y mets beaucoup d’espoir car je n’en peux plus de ces examens sans réponse. Le verdict tombe, ça y est, j’ai enfin un nom : le Syndrome d’Ehler Danlos. Quel nom barbare ! Anomalie du tissus conjonctif, pas de traitement à ce jour, recherches en cours… d’un côté soulagement, de l’autre impact, choc, colère… Faut digérer l’information. Je dois partir en avril faire une cure spécifique SED au Mont Dore. Beaucoup d’appréhension. Au final, 3 semaines ultra enrichissantes, ressourçantes, bénéfiques et de partage avec d’autres sedistes. Je reviens métamorphosée et pleine d’espoir. La phase d’acceptation est lancée. A présent, je peux avancer sereinement avec mon SED. L’apprentissage ne fait que commencer mais je suis prête et j’ai la volonté d’y parvenir. Chaque journée est différente, je ne sais ce que mon corps me réserve comme surprise. Une chose est sûre, je dois en prendre soin. A présent, j’ai un véritable staff médical, tous adorables, ce qui aide énormément à supporter cet entretien quotidien.

Pro comme perso, ça entraîne de grands changements et bouleversements. J’entame donc un nouveau départ. Je compte bien rebondir et trouver la bonne adéquation. Les petites graines commencent à germer… Des idées me trottent dans la tête. J’en parle à mon meilleur ami, Geoffroy, qui trouve ça très pertinent et me pousse à approfondir.

Lors d’un afterwork à Châtellerault, je rencontre Tony Giret. Le monde est petit, nous avons une amie commune, Valérie Roussel, vigneronne dans le sud de la France. Ça matche bien. Ravie de cette rencontre inspirante. 

Je ne saurais vous dire pourquoi, l’intuition tout simplement, j’ai ressenti le besoin de lui parler de mon projet. Malgré son planning chargé, il a répondu présent et m’a consacré plusieurs heures. Et tout a commencé… Faire de mes intolérances alimentaires une force et créer ma propre activité professionnelle afin de gérer plus facilement les aléas du SED. Ce projet, c’est mon histoire, mon expérience personnelle et je souhaite la partager pour sensibiliser un plus grand nombre.

Ainsi est né Adrien gourmand et intolérant.